
Le mot du directeur exécutif
Tiré de son intervention à l’occasion des 10 ans de l’Accord de Paris, le 12 décembre 2025
Depuis 2021, Haïti n’en finit pas de s’enfoncer dans les profondeurs obscures du sordide et de la violence. Des groupes armés liés au narcotrafic international contrôlent le pays, massacrant des communautés et anéantissant les moyens de production, pendant qu’une économie du crime s’installe sur fond de corruption et de contrebande.
Le nombre de personnes déplacées en Haïti atteint 1,4 millions. Les Haïtiens et les Haïtiennes sont expulsé-es massivement de République dominicaine et des Etats-Unis dans des conditions abjectes. L’aéroport international est fermé.
Les Résolutions des Nations-Unies et les négociations régionales n’y changent rien. Les Haïtiens et les Haïtiennes sont livrés à eux-mêmes.
Dans ce contexte, la lutte pour le climat peut sembler bien secondaire. Et pourtant, la crise climatique est une problématique hautement politique qui implique des dirigeant-es intègres et des citoyen-nes concerné-es. Climat et démocratie, même combat !
A tous ceux et toutes celles qui se sentent découragé-es par les mensonges politiques, les privations de toutes sortes et les injustices, et bien, d’Haïti, ce petit bout d’île à l’histoire unique et au peuple indomptable, nous vous disons qu’il y a espoir !
L’espoir c’est la mobilisation citoyenne pour le climat et la démocratie. L’espoir c’est l’organisation des résistances sur les territoires. L’espoir c’est la convergence des luttes sociales et écologistes au-delà des frontières.
L’espoir c’est l’action ! L’espoir c’est la résistance ! L’espoir c’est la lutte contre la corruption et l’impunité ! L’espoir c’est de dénoncer les injustices et les mensonges !
Pendant que certain-es s’acharnent à humilier le peuple haïtien, à le martyriser, à le déshumaniser sous couvert d’aide humanitaire, à lorgner sur ses ressources naturelles, des citoyen-nes et des organisations de la société civile haïtienne s’organisent et préparent la transition écologique et sociale sur les territoires en aiguisant la pensée critique et en rendant leur pouvoir d’agir aux Haïtiens et aux Haïtiennes.
Ainsi, le Groupe d’Action Francophone pour l’Environnement, le Mouvement national citoyen pour le climat, Alternatiba Haïti, l’Espace national d’organisations de la société civile revendicative en Haïti et le Réseau des Jeunes Actifs pour une Autre Haïti se réapproprient l’espace public pour fait pression sur les décideurs politiques et la Communauté Internationale avec des actions collectives citoyennes non violentes pour dénoncer des projets aberrants comme une Constitution qui n’inclurait ni l’environnement ni le climat ou l’exploitation d’une mine d’or dans le Nord-Ouest de la République dominicaine qui aura des impacts négatifs irréversibles sur les écosystèmes et les communautés en Haïti.
Des élections sont programmées en 2026. L’échéance est cruciale pour la démocratie, pour faire émerger une nouvelle classe politique, jeune et féminine à la condition que le contexte soit propice et serein pour que les règles constitutionnelles soient applicables.
Alors, si vous entendez ce que nous entendons, si vous voyez ce que nous voyons, si vous ressentez l’amour que nous ressentons pour la Vie, bougez-vous, reprenez le contrôle et rejoignez-nous !
La démocratie c’est nous !
David Tilus
Directeur exécutif

